lundi 23 juillet 2007

II Tout s'achète

" Oh ! Argent que j’ai tant méprisé et que je ne puis aimer quoi que je fasse, je suis forcé d’avouer que tu as pourtant ton mérite : source de la liberté, tu arranges mille choses dans notre existence, et tout est difficile sans toi..."
Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand.

Il faut reconnaître que pour Ahsim tout est facile ! Et qu’il est aisé pour lui de se montrer généreux avec l’argent de ses parents.

Pour en obtenir tout ce qu’il veut, il usera sans vergogne de la pitié maternelle : une seule arme, et de taille, sa santé.

Pour obtenir ce qu’il veut de ses amis, des personnes qui l‘entourent, il joue avec les sentiments, ment tant et plus, mais mentir n’est-il pas pour lui le sel de la vie ? Il deviendra quelque peu mégalomane aussi, n’est-il pas plus grand, plus fort que sa « victime » qu’il domine de toute son intelligence, du moins le croit-il, car en fait, si victime il y a, elle aurait plus de cœur, plus d’humanité et certainement plus de pitié que lui.

Ahsim s’est toujours estimé lésé par ses grands parents qui lui préféraient son frère. Non seulement au niveau affectif, mais aussi pécuniaire.
Il y avait de l’argent planqué dans la cave à l’attention de ce frère qu’il jalousait, et ce n’étaient pas des petites sommes, cela, le frère l’a « avoué »….. Mieux vaut ne pas en répéter le montant car, d’une part, Ahsim pourrait, comme d’habitude, avoir exagéré, et que d’autre part cela vous découragerait, ami lecteur, vous, qui comme moi, n’arriveriez pas à économiser cela en l’espace d’une vie !

Bref, Ahsim s’estimait donc lésé. Il n’était pas le seul, car son père n’avait pas digéré non plus le détournement de cet héritage qui lui revenait de droit, mais cela il ne l’avait appris que bien plus tard tandis qu’Ahsim, lui, avait déjà remédié à cet état de choses puisqu’il profitait pleinement de numéraire et d’aide en tout genre, de ses parents et ce, depuis un certain temps déjà, grâce à sa maladie, fictive ou réelle, Dieu seul le sait, et je m’en voudrais de douter, alors même que de nombreux faits tendraient à prouver qu’ici aussi, tout est exagération.

Il est certain qu’à la base, Ahsim a bien un problème. D’après lui, il avait été contaminé lors d’un examen médical de routine. Mais, ce fait peut-il être déclencheur d’une maladie qui le condamne à plus ou moins brève échéance ? Ahsim ne permet à personne de partager son problème, personne pour l’accompagner à des chimio où il se rend à des heures indues, personne pour un contact médical avec « son » spécialiste. Pas même sa femme, pas même sa mère. Pas de papiers qui traînent à ce sujet, à moins qu’ils n’existent pas bien sûr, mis à part les factures astronomiques que règle sa mère …..
Une chose est certaine, Ahsim va profiter de cette maladie qui va d’ailleurs être à la base de toutes ses actions.

Son attitude envers ses amis est différente, là, c’est lui qui donne, lui qui fait des cadeaux, mais force leur est de constater qu’ils sont, ni plus, ni moins, achetés ! Non, non, pas des petits cadeaux : des vidéos, des ordinateurs, des voitures, parfois une garantie locative et l’année de loyers, des meubles et autres broutilles.
Mais tout cet argent, lui qui n’en gagne pas, ou va-il le chercher me direz vous, question piège.

Il y a donc autour d’Ahsim, une volée de courtisans, qui, même s’ils sont virés un temps, s’en reviennent la queue entre les jambes au moindre appel espéré de leur dieu. A quel titre ce dévouement ? Intéressé, bien sûr, en retour, quelques jours de vacances payées, peut-être un billet d’avion.

Rien ne résiste, ou si peu, à Ahsim.
Quand il veut de l’argent, papa-maman sont là….. Il désire une fille, pas de problème, on commence avec de somptueux cadeaux et si, contre toute attente, ça ne marche pas, on joue dans le mélodrame, rappel de sa maladie et des jours qui lui sont comptés, tentative de suicide……

Hé oui, tout s’achète, mais pas le silence de ceux dont il a joué avec les sentiments une fois de trop……

A suivre

Le roman, « Le jugement de Salomon » est à disposition, chapitre après chapitre, dans son intégralité, sur simple demande à l’auteur : amy_shamyra@hotmail.com

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