Il s'appellait Ahsim, c'est du moins le nom qu'il a choisi de porter, alors qu'il avait décidé d'abandonner sa féminité au profit d'une aléatoire masculinité. Mais bon, il faut vivre avec son temps.... la vie en couple de personnes de même sexe étant autorisée, les grenouilles de bénitiers renvoyées aux oubliettes avec leur morale dépassée, et le mariage même de ces couples, préconisé.
Lorsque j'ai connu Ahsim, sa faconde, son allant, sa verve, bref tout ce que l'argent peut donner comme aisance, l'imposait, déjà.....
Ce n'est que plus tard que je compris à quel point il était mythomane - tendance pathologique à l'altération de la vérité et à la fabulation - dixit le petit Larousse.
Et manipulateur.
Deux tendances qui dirigeaient sa vie à cette époque, l'une, de se faire passer pour un mec fabuleusement riche, l'autre, de se trouver à l'article de la mort à cause d'un cancer qui lui rongeait à tour de rôle les reins, le foie, les intestins, la tête et j'en passe.
Nous avons même, un certain réveillon de Noël, avec ses parents et quelques amis, ingurgité le dernier repas de Noël d'Ahsim !
Sa mère, qu'il y aurait intérêt à tenir en laisse d'ailleurs, sa mère, donc, revenant sans arrêt sur ce problème de cancer qui le condamnait à plus ou moins brève échéance.
Qu'à cela ne tienne, à ce jour Ahsim est toujours parmi nous, et probablement pour longtemps encore.
Comment donc parvient-il à survivre ? Par des traitements onéreux d'avant garde - que bizarrement d'autres suivent gratuitement, car justement d'avant garde...... mais ça, c'est une autre histoire, j'aurai l'occasion d'y revenir.
Fabuleusement riche ! Cette affirmation revient encore et toujours aux oreilles de qui veut bien l'entendre, pour combien de générations ?
Au moins vingt deux, si mes souvenirs sont exacts.
Voyons l'histoire.
Papa, Maman sont séparés, ça, c'était obligatoire.
Lui, papa, grosse entreprise, millions à la clé, trafic d'armes, mafia - obligatoire - se déplaçait en hélicoptère pour aller à son boulot.
J'oubliais, ça se passe aux USA, Californie sans doute, je ne sais plus, mais ce serait bien....
Deux enfants sont restés avec lui, dont un handicapé en fauteuil roulant..... - nécessaire, pour la pitié, la compréhension - l'autre, l'aîné, demi-frère, travaille avec Papa, mais Ahsim ne s'entend pas avec lui....
Deux autres enfants, Ahsim et son frère, sont restés avec Maman qui a refait sa vie avec un super mec qu'elle a rencontré sur la Côte d'Azur.
Jusque là, ça va. l'histoire est banale, Ahsim est probablement allé aux USA, à moins que ce ne soit bêtement de l'autre côté de la Manche, et il peut broder son histoire.
Belle romance, racontée, confirmée par téléphone - d'Amérique, s'il vous plaît - et interrompue à cause d'un bruit d'hélicoptère, ça, c'était son frère qui allait au boulot !
Mais coup de théâtre, Ahsim raconte alors que son frère et lui ont dû prendre d'urgence l'avion pour retrouver ce qui restait de leur père qui s'était suicidé après avoir trucidé son enfant handicapé. C'est Ahsim qui les a trouvé - ce qui ne cadre pas avec leur départ en urgence, mais bon, on est dans une "histoire" - et donc s'ensuivit la description macabre de ce tableau, dont je vous fais grâce.
Cet enfant handicapé fait-il partie d'un de ces cadavres de placards qui semblent fleurir chez certaines familles, peut-être, c'est ce qu'il faudra découvrir au fil de ces pages.
Ha, vous avez "marché" tout comme moi à cette époque ! Hé bien non, rien de tout cela n'est vrai, pas plus d'ailleurs que son chauffeur à sa disposition nuit et jour ..... et tutti quanti !
Pour me convaincre de sa sincérité, il m'a alors parlé du reste de la famille, principalement de ce grand père qui a "fait" l'Afrique.... sans doute Ahsim avait-il appris que j'y étais allée également car tout ce qu'il me raconta alors était pure vérité.... il cherchait manifestement à me convaincre.
Sotte que j'étais de m'être laissée prendre à son baratin !
On ne joue pas impunément avec les sentiments des autres, que ce soit d'amitié, d'amour ou de pitié !
Mais Ahsim et les siens planent sur une toute autre sphère, une corne d'abondance en main, ils pensent pouvoir tout acheter......
Balzac disait "les lois sont des toiles d'araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites..."
A suivre
Fin du résumé du premier chapitre : Ahsim
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